Lundi 27 février 2012 1 27 /02 /Fév /2012 00:00

Mais tout d'abord, une nouveauté, je viens de démarrer un site consavré à mes activités de musicien et donc au groupe Pilogue.

Vous y trouverez de la musique à écouter, des photos, les dates de concerts etc...

Vous avez le lien dans la colonne de droite ainsi qu'un lien vers le site d'Olivier bassiste et luthier

 

Pour ceux qui connaissent Loic (Pilogue junior, 14 ans) voici une vidéo de ce week end à Martigues, Big Boss Man de Jimmy Reed.

 

 

Bon d'accord c'est tout bleu (blues?) et le son est d'époque, mais plus tard il sera donc obligé d'inviter lui aussi son vieux père quand il remplira Bercy (ou le bar des sports, çà le fera quand même)

Plus de photos (si j'y arrive sur le site dont au sujet duquel il était question plus haut.

 

Revenons à Robert Johnson. (extrait du bouquin de Elijah Wald intitulé Escaping the Delta, trad Pilogue)

 

 

Johnson avait apparemment prévu de jouer un break instrumental après cette strophe (la troisième), puis de finir avec les deux derniers couplets. Malheureusement, il était très inexpérimenté en matière d'enregistrement et n'avait pas correctement minuté sa prestation. Le couperet des trois minutes était proche, et il a du terminer la chanson un peu avant la dernière strophe ; A la seconde prise, il résolut ce problème en virant l'instrumental et en accélérant le tempo, ce qui lui donna le temps de tout enregistrer.

Je vous rappelle que vous pouvez écouter les deux versions à la suite  en consultant l'article précédent.


Il est intéressant de comparer cette prestation à celles qui allaient suivre. Assis devant un micro pour la première fois, Johnson est évidemment nerveux, écorchant quelques plans de guitare et sonnant un peu hésitant par endroits. La structure soigneusement orchestrée de Kind Hearted Woman dissimule beaucoup de cette nervosité, mais l'empêche aussi de se détendre. Il était en général demandé aux artistes de blues d'avoir au moins quatre titres originaux prêts à être enregistrés, et Johnson démarrait clairement avec le morceau le plus arrangé et le plus ''dans le coup'' de son répertoire. C'est l'arrangement le plus varié qu'il ait jamais enregistré, et c'est sans doute pour cela, autant que pour sa nervosité, qu'il sonne si précautionneux voire raide par moments.

On le remarque particulièrement quand il chante le falsetto ''oooh'' dans la seconde strophe:il a décidé ou et quand l'interpréter exactement et de la manière qu'il veut, et le place au même endroit dans les deux prises de manière chirurgicale. Dans la seconde prise, il est un peu plus détendu, et ajoute une légère inflexion au mot ''love'' dans la ligne de la dernière strophe, mais -sans doute parce qu'il a baissé sa guitare d'un demi-ton- il n'a pas la même intensité dans le falsetto.


L'un dans l'autre, c'est un enregistrement admirable, mais il y a des points d'amélioration, et même quelques unes de ses qualités révèlent plus de professionnalisme que de talent ; Il y a du soin apporté à l'ensemble qui tient la route, une tentative assumée de présenter un produit fini qui réponde aux tendances du moment. Ce n'était pas un mince exploit, puisque ces tendances étaient basées sur des duos piano et guitare et étaient animées par de talentueux auteurs compositeurs. La chanson a toutes les caractéristiques d'un travail urbain (en opposition à rural ) et professionnel, pas le genre de musique qui aurait déchaîné un bar de campagne, et si le jeu de Johnson peut paraître parfois hésitant, sa voix possède le son régulier et profond de l'école Carr. Il n'a pas tout à fait son style cool et crooner, mais s'en sort admirablement bien pour un gars qui se voit offrir sa première chance face à un micro.

 

 

 

 

 

Bien que Carr ait été une influence évidente, le choix des titres pour ces sessions montre une dette encore plus directe envers Kokomo Arnold.

James Arnold était un des plus spectaculaires guitaristes des débuts du blues, un maître du jeu en slide, qui déroulait des phrases ciselées et vives comme l'éclair dans des contre-chants impressionnants face à ses vocaux puissants. Originaire de Géorgie, il avait passé du temps à New-York, dans le Mississippi et à Memphis avant de s'établir à Chicago, où il gagnait sa vie comme bootlegger et musicien des rues. Il devint une star en 1934, en enregistrant '' Milk Cow Blues'', qui serait imité par tout le monde depuis Memphis Minnie et Josh White jusqu'aux Bob Wills's Texas Playboys et même Elvis Presley, et enregistra 75 titres supplémentaires au cours des quatre années suivantes.

 

 

 

 

 

 

 

 

Le pont de quatre lignes dans ' Kind Hearted Woman' était basé sur un motif qu' Arnold avait présenté dans '' Milk Cow Blues'' et les deux chansons suivantes de Johnson furent deux pastiches du travail d'Arnold. C'est peut être juste une affaire de goût, ou alors cela révèle des connexions entre les deux hommes. Bien que les dates ne soient pas certaines, Arnold semble avoir passé pas mal de temps à jouer à Memphis et Jackson vers le milieu des années 30,

 

DowntownMemphisLate1930s_big.jpg

Memphis dans les années 30

 

et Johnson pourrait bien avoir traîné dans le coin et appris ces titres directement de l'artiste. Bien qu' Arnold ait sorti une vingtaine de disques au moment où Johnson enregistre, les phrases que Johnson utilise proviennent des trois premiers, et il se pourrait bien qu'ils aient été les favoris d'Arnold et que Johnson les ait repiqué lors der concerts(il se peut aussi que ces disques aient été les seuls disponibles au moment où Johnson traversait sa phase Kokomo).

 


Une chose étonnante à propose de ces trois premières adaptations d'Arnold, c'est que Johnson a choisi de ne pas utiliser de bottleneck. Ceci sans doute(comme la plupart des musiciens modernes) parce qu'il était intimidé par la vélocité et la précision du jeu d'Arnold. Johnson était un spécialiste du slide mais dans le style country blues du Delta, et sans doute un musicien plus habité qu'Arnold, mais il n'approcha jamais la vitesse qui reste la caractéristique essentielle d'Arnold. Il y a une énergie anarchique dans le jeu de ce dernier qui le rend inimitable, et bien que ''I believe i'l dust mu broom' et 'Sweet home Chicago', les deux titres suivants de cette session soient devenus les plus repris du répertoire de Johnson, aucun ne possède la sauvagerie et la virtuosité instrumentale des originaux dont ils s'inspirent. Paradoxalement c'est sans doute pour cela qu'ils continuent à être repris.

 

J'espère que cet article vous aura mieux permis de comprendre à quel point le blues est une musique née d'une évolution permanente , d'une succession d'emprunts et d'adaptations en foction du contexte et de l'interprète.

N'hésitez pas à me faire part de vos remarques et suggestions

A bientôt



Par pilogue
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Lundi 20 février 2012 1 20 /02 /Fév /2012 00:00

ça va pas très fort encore côté vision mais bon, me revoilou.


La conférence sur le langage du blues s'est bien passée la semaine dernière et comme la prochaine traitera du mythe Robert Johnson, je vous propose aujoud'hui une petite traduction( by moi-même donc soyez indulgent) d'un extrait du bouquin de Elijah Wald intitulé Escaping the Delta.

 

Robert-Johnson-Book.jpg

 

 

 

La vie de la légende du blues Robert Johnson est le sujet central de ce regard novateur sur ce que d'aucuns considèrent comme le genre musical le plus important et le plus représentatif de l'Amérique. Il s'interroge en profondeur sur les raisons pour lesquelles Johnson fut ignoré par la majorité du public noir de son époque et est aujourd'hui célébré comme la plus grande figure de l'histoire du blues.

 

En essayant de séparer le mythe de la réalité, le biographe Elijah Wald étudie le blues de l'intérieur, pas seulement à travers les enregistrements mais aussi les souvenirs des musiciens eux-même, la presse Afro-Américaine, et en menant ses propres recherches.

Ce qui en ressort c'est un nouveau point de vue sur le blues et ses artistes depuis les années 30 dans le delta du Mississippi jusqu'aux courants actuels.

 

Environ 50 pages sont consacrées à l'étude titre par titre de son oeuvre, un vrai travail de bénédictin.

Je vous traduis ici le début du chapitre sur les First Sessions, à savoir la description de Kindhearted Woman Blues.

 

 

Attention il y a les deux prises à la suite sur cette vidéo.

 

 

Le 23 novembre 1936, c'était un lundi (authentique!), Robert Johnson entre en studio pour la première fois de sa vie. Il est ambitieux mais manque d'expérience dans le domaine de l'enregistrement. Bien qu'il maîtrisât plusieurs styles et qu'il soit profondément influencé par la musique des juke joints du delta, il était très au fait des différents courants et commençà donc par son matériel le plus commercial.

Kind Hearted Woman, le premier titre de la première séance, était la contribution de Johnson à un cycle d'adaptations qui avaient suivi le hit de Leroy Carr ''Mean Mistreater Mama''.

 

 

La chanson de Carr avait été enregistrée au départ en 1934 et avait généré une ribambelle d'adaptations (de pompages éhontés même) de la part de Carr lui-même avec ''Mean Mistreater Mama N°2'', de Tampa Red, Josh White, et Bumble Bee Slim. Slim a aussi enregistré une suite intitulée ''Cruel Hearted Woman Blues'', et Johnson pensait apparemment que ce serait un bon tour que de proposer une réponse, prenant la défense de la femme, en tout cas dans une certaine mesure.


Cette approche, au cours de laquelle il se réjouit et se plaint en même temps de leur relation de couple, était dans la droite ligne de celle de Carr qui commençait ainsi :'' You're a mean mistreating mama and you don't mean me no good/ And i don't blame you, baby, i'd be the same way if i could.''

En gros ; tu es cruelle et tu ne me veux aucun bien, et je ne t'en blâme pas car je ferais pareil si je pouvais.

La quatrième strophe de Johnson semble modelée d'après celle de Carr et la partie aigue de guitare qu'il joue pendant la seconde est très similaire à ce que joue Scrapper Blackwell sur le disque original.

 

blackwel.jpg Scrapper Blackwell

 

 

Ceci dit, la chanson de Johnson est la plus complexe musicalement de la série, et donne immédiatement à entendre ce qui le place à part dans la compétition.

D 'abord, il était plutôt rare pour des chanteurs d'origine rurale de composer entièrement un texte de blues.

Dans les bars de la campagne, les danseurs faisaient tant de bruit qu'il était bien difficile de faire ressortir une phrase ici où là, et le boulot du musicien était plus de produire un rythme puissant et régulier.

Au coin des rues, les passants entendaient un peu mieux, mais s'arrêtaient rarement plus de quelques instants. Des vétérans du Delta comme Son House ou Charley Patton étaient sans doute capables d'écrire des chansons complètes, mais en principe ne s'en souciaient guère.

A une soirée dansante, ils pouvaient jouer un seul et même arrangement de guitare pendant 20 min ou plus, chantant une paire de strophes, puis jouant un solo, puis un autre couplet improvisé sur le vif.

Une chanson se retrouvait ainsi bâtie surtout sur des strophes dites ''flottantes'', des phrases rimées qui étaient insérées plus ou moins au feeling.

Quelques unes pouvaient être originales, d'autres empruntées à des artistes différents.

Quand il s'agissait d'enregistrer un disque, les producteurs demandaient en général aux chanteurs d'interpréter leurs propres titres, mais cela ne voulait pas dire écrire une chanson de A à Z.

Même des artistes de la stature de Lemon Jefferson souscriraient à cette requête en composant une ou deux strophes, puis en puisant dans leur sac à malices des strophes flottantes pour compléter.

 

blind-lemon.jpg Blind lemon Jefferson

 

Par contraste, même le plus médiocre familier des studios de St Louis ou Chicago avait l'habitude d'écrire des pièces cohérentes autour d'un thème principal. C'était nécessaire : ils sortaient des disques par douzaines, souvent avec des accompagnements identiques, aussi avaient-ils besoin de présenter des chansons avec des thèmes qui différencieraient un titre des autres. Les meilleurs auteurs pouvaient créer de petites vignettes qui s'écoulaient en douceur d'une strophe à l'autre, décrivant une femme, une histoire d'amour, ou quelque chose d'aussi imprécis -comme Carr dans un des ces hits- le sentiment de solitude au crépuscule ou à l'aube(sunrise).

 

Chicago-1936.jpgChicago 1936

 

Johnson avait étudié ces styles urbains du Nord, et ses compositions sont en général trèe professionnelles, très écrites, soigneusement étudiées pour s'insérer dans la limites imposée des trois minutes d'une face de 78 tours.


''Kind Hearted Woman'' n'a pas un texte totalement maîtrisé. A un moment il loue sa ''femme au grand cœur'', au suivant il dit qu'elle pense à mal tout le temps et pourrait bien le tuer, et il conclue en la prévenant qu'il va la quitter parce qu'il n'est pas heureux. Les strophes montrent un joli penchant poétique malgré tout, et si le sens général est un peu confus, il ne traite en tout cas que d'un seul sujet tout du long.

Au final c'est une variation soignée mais pas renversante du titre de Carr.

 

Ce qui rend ''Kind Hearted Woman'' unique, c'est que, plutôt que de simplement plaquer un accompagnement banal derrière son chant, Johnson a élaboré un arrangement musical complet et très varié.

La partie guitare de la première strophe est clairement basée sur le style de Carr au piano, pas démonstratif, mais qui fournit de jolis accords doucereux entre les parties chantées. C'était déjà quelque chose d'à part pour un musicien du Delta, la plupart des guitaristes s'en tenant jusqu'alors à des approches liée à la technique de la guitare ou du banjo. (Quand Johnson jouait un titre de Son House par exemple, son travail ne devait rien au phrasé d'un piano).

La seconde strophe reprend le riff de guitare dans les aigues de Blackwell, et Jonson module sa voix pour que tout colle.

Puis pour la troisième strophe, il interprète un genre de pont musical, une strophe de quatre phrases qui commence comme une strophe similaire de ''Mean Mistreater Mama'', avec une touche d'emprunt à une autre star de l'époque, Kokomo Arnold, puis glisse vers un étonnant passage en falsetto.

 

kokomo-arnold-04.jpg

Suite et fin de cette traduction que vous trouverez je l'espère aussi captivante et instructive que moi prochainement.

rappel Concert Pilogue Samedi 31 mars 21h à Marseille;

8 euros jusqu'au 24 mars 10 euros ensuite.

A bientôt

Par pilogue
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Dimanche 5 février 2012 7 05 /02 /Fév /2012 00:00

Désolé, mais en raison de quelques problèmes de vision que j'espère voir s'améliorer d'ici quelques temps j'ai un peu du mal à travailler avec l'écran ce qui explique une parution plus espacée en ce moment et en plus avec peu de consistance. merci de votre compréhension

 

Aujourd'hui juste trois choses

 

premièrement n'oubliez pas que la date de la première conférence sur le blues à Vitrolles se rapproche puisqu'il s'agit du vendredi 17 février à 18h30 à la médiathèque George Sand. Tous les détails ici 2012 blues

 

Voici un site de vente de T shirts, sweat shirts et autres  et en ce qui nous concerne  blues auprès duquel j'ai passé commande plusieurs fois et qui est fiable (carte bleue de rigueur)

link

 

Il y a une petite commission bancaire à prévoir pour le change euros / livres mais le merchandising blues étant assez rare, il faudra faire avec.

 

Troisième info le concert de Pilogue du samedi 31 mars aura lieu donc à St Barnabé, 13012 marseille aux Studios Decanis à 21h.

le site ici link

le face book ici  link

 

réservations en écrivant par le biais du blog tarifs 8 euros jusqu'au 20 mars, 10 euros ensuite ou sur place

ecrivez moi en utilisant la rubrique contact sur la droite et je vous indiquerai la marche à suivre pour réserver et d'autres infos.

 

On se quitte avec un titre de Charlie Musselwhite, un grand harmoniciste. Bises à tous et toutes

 

 

Par pilogue
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Mardi 24 janvier 2012 2 24 /01 /Jan /2012 00:00

 

etta_james_by_kwaku_alston.jpg

 

 

 

Mais malheureusement une très mauvaise nouvelle, le décès de la grande dame du blues et rythm and blues, Etta James, à l'âge de 73 ans, et tragique circonstance, quelques jours seulement après la disparition de Johnny Otis, le premier à lui avoir donné sa chance ainsi que son nom d'artiste.

 

Dès que possible un grand article consacré à la dame

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

   Alex est né à new york en 1954 et s'est très tôt immergé dans l'univers du jazz (le pauvre!). Il bosse la guitare avec George Barnes au Berklee College of Music de Boston. La découverte de BB King, James Cotton et du Butterfield Blues Band sera le terreau de son amour du blues tout au long de sa vie (encore un sauvé de justesse!).


Schultz s'installa à Los Angelès en  1979 en tant que bassiste et guitariste pour la scène ''roots'', travaillant pendant 2 ans et demi avec le pionnier du rock et du rythm and blues Hank Ballard. Il apprend le métier sur la route, entre autres en jouant chez Antone's à Austin, Texas en 1986 et en partageant la scène avec Jerry Lee Lewis, Albert Collins et beaucoup d'autres grands.
alex_by_photojazz.jpg


Début 1986 il bosse avec le mâitre de l'harmo de LA, William Clarke (génial musicien mort!) : il est sur l'album vainqueur  W.C. Handy award “Blowing Like Hell”, enregistré avec  Smokey Wilson, et interviendra sur chacun des 4 albums de Clarke pour le label de Chicago, Alligator.


Cette période le verra jouer avec le gratin de la scène blues de LA comme  Coco Montoya, Debbie Davies, Finis Tasby, Steve Samuels, Rob Rio, et d'innombrables autres artistes.

 
En  1988 débute une collaboration de sept ans et cinq albums avec Rod Piazza & the Mighty Flyers, des tournées en Australie, Japon, Europe et Scandinavie. Ils enregistreront ensemble notamment un   “Live at BB King’s” à Memphis.
Pendant ces années-là les Flyers seront les musiciens de  Jimmy Rogers, Lowell Fulsom, Louis Myers, Pine Top Perkins, James Cotton, Robert Ward, Earl King, Snooks Eaglin, Albert Collins, Larry Davis, etc. et épauleront également  Albert King, BB King, Al Green, Robert Cray, Dr. John, The Neville Bros., The Allman Bros. and more. Schultz quittera le groupe en 1995 pour poursuivre sa carrière plus librement.


Il va bosser trois ans avec le rebelle du blues rebel Lester Butler (ex harmoniciste et chanteur des Red Devils) ce qui donnera un album chez  HighTone “13 Featuring Lester Butler” et quatre tournées européennes.

En même temps Schultz sera présent sur deux parutions chez Delmark  avec son vieil ami new-yorkais Tad Robinson (dont j'ai parlé il y a peu dans ce blog), une collaboration qui se poursuit encore aujourd'hui: il est en effet co-producteur et musicien sur le disque nominé aux Handy 2005  “Did You Ever Wonder” sur le label  Severn, de nombreuses prestations dans des festivals aux US et en Europe, ainsi que l'album de 2007 de Tad  “A New Point Of View”.
Un petit commentaire sur la vidéo, apparemment un morceau calme a été demandé (vu la tête d'Alex Schultz c'est le patron du bar qui doit râler à cause du bruit).
On voit que le batteur  le bassiste ne connait pas le morceau, Tad dit juste ambiance acoustique, le batteur prend ses balais, les 2 potes font une grille en solo pour que les musiciens pigent le truc et roule ma poule! Et en plus çà joue( et çà fait plus que chanter!!!!), chapeau les artistes...

Son activité débordante en free-lance l'a vu participer à beaucoup d'enregistrements et tournées comme l'harmoniciste italien Egidio ‘Juke’ Ingala, les maîtres du jump blues de Washington DC Big Joe & the Dynaflows, le nu-swing band Royal Crown Revue, ‘Sax’ Gordon, Sugar Ray Norcia, Jimmy Morello, le clavier Benjie Porecki, Kirk ‘Eli’ Fletcher, Mickey Champion, Frank ‘Paris Slim’ Goldwasser, le groupe allemand BB & the Blues Shacks, le guitariste italien Enrico Crivellaro et l'autrichien Raphael Wressnig.

Finalement, en octobre 2004, après avoir joué sur plus de 40 disques, il sort son premier album somo donc  “Think About It”.
On trouve sur cet album entre autres Larry Taylor à la basse qui fut bassiste de canned heat mais qui a également joué sur de nombreux albums de Tom Waits et le concours de son pote chanteur Tad Robinson pour trois titres.

Malgré l'annonce regrettable (je blague) ''aucune stratocaster n'a été utilisée pour cet enregistrement '' voilà un disque de blues jazzy qu'il est bon !
On est plongé dans un univers aux influences jump blues et west coast des années 40 et 50 avec pas mal de cuivres.
Sur les 13 titres on trouve 3 instrumentaux et 10 chansons qui font la part belle à leurs vocalistes.
Schultz n'est pas un guitar heros qui se la pète, il a la classe et il le sait ; Un riff par ici, quelques plans par là, de beaux solos à part égale avec ses instrumentistes et le tour est joué. Un son à peine crunchy, une élégance de tous les instants, quelques accords gratinés le tout est plutôt suave et de bon goût.
La prod est absolument magnifique avec un son à tomber.
schukltz-matos.jpg
Pour les fans de matos l'équipement préféré de l'artiste :
1951 Gretsch 6192 Electromatic II , avec micros dearmond dynasonic  branchée dans un  Mark Sampson Matchless SC-30 combo d'origine et un  '59 Fender Tweed Pro ... tone..
Disponible avec d'autres albums sur I tunes
Pour finir un boeuf sympa et rapide...

N'oubliez pas le Samedi 31 mars concert de Pilogue à Marseille...
Ah, au fait moi non plus je ne suis pas arrivé à visionner la vidéo sur le blues, çà bugue sur le site pluzz je pense...
A bientôt
Par pilogue
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Lundi 16 janvier 2012 1 16 /01 /Jan /2012 09:07

morgan.jpg

 

 

Ce petit article pour vous prévenir qu'hier dimanche 15 janvier il y avait un documentaire à 20h35 sur le blues présenté par Morgan Freeman.

Je ne le savais pas et c'est un lecteur du blog (merci Pascal) qui m'en a informé ce matin.

Je vous propose donc d'être réactifs et de profiter des quelques jours pendant lesquels cette émission sera disponible sur le net, en passant par le site de France ô;

En fait c'est le parcours du combattant pour trouver la procédure donc voici les étapes.

d'abord allumez votre ordinateur (non, je déconne, si vous lisez çà c'est déjà fait...)

Connectez-vous sur France ô. Puis cliquez sur voir et revoir un programme. vous cliquez sur l'onglet découverte et ensuite sur morgan freeman.

Je n'ai pas vu l'émission, honte sur moi, mais je vais essayer de le faire tant qu'elle est disponible et éventuellement je vous donnerai mon avis après.


Blues à tous

Par pilogue - Publié dans : blues sur le net
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Dimanche 15 janvier 2012 7 15 /01 /Jan /2012 00:00

albertking580.jpg

Loin de moi l'idée de vous retracer la vie et l'oeuvre (immense) d'Albert King mais pour ceux qui ne sont pas spécialistes du blues voici quelques éléments et anecdotes pour saisir la place du bonhomme dans l'histoire de cette musique.

Il est né à Indianola dans le Mississippi le 25 avril 1923 et est mort le 21 décembre 1992 à Memphis, d'une crise cardiaque après un dernier  concert deux jours avant.

 

 

Surnommé le Velvet Bulldozer (Bulldozer de velours) car il a été conducteur d'engins pendant six ans à ses débuts, Albert King fut un des plus importants stylistes de la guitare électrique d'après guerre.
Il était gaucher et tenait sa guitare à l'envers (les cordes installées pour un droitier) et en se concentrant sur la couleur et l'intensité plus que la virtuosité, King façonna tout au long de sa carrière un son unique et qui allait influencer beaucoup d'artistes.

C'était le maître du solo sur une corde, il jouait avec son pouce et il pouvait tirer les cordes(vers le bas au lieu du haut, donc avec un son et des couleurs un peu différentes) avec une grande ampleur pour produire un son tourmenté avec sa Flying V nommée ''Lucy'' qui le distinguait de ses contemporains ; bon nombre de guitaristes depuis Clapton ou Hendrix à Mike Bloomfield et bien sûr Stevie Ray Vaughan ont effectué de gros emprunts à son style.
Il avait également un accordage alternatif (secret) sans doute en mim avec un do à la basse ou selon certains un Fa 6.


King fut aussi le premier guitariste de blues de cette stature et de cette envergure ( il mesurait plus d'un mètre quatre-vingt quinze pour 125 kg) à réaliser la fusion avec la soul ; ses enregistrements de milieu et fin des années 60 pour le label Stax, enregistrés avec les mêmes grands musiciens de studio qui jouaient avec Otis Redding, Sam and Dave, Eddie Floyd et d'autres, ont séduit son public noir tout en élargissant son influence aux fans de rock. Comme BB King (aucun lien familial malgré certaines rumeurs) et Muddy Waters, Albert contribua à susciter l'intérêt des blancs pour le blues quand ce dernier en a eu besoin pour survivre.
Pour vous donner une idée de son influence Eric Clapton finira par reconnaître qu'il avait entièrement appris le solo d'Albert King de Personal Manager pour le rejouer dans Stange Brew de Cream.

Né dans une famille de 13 enfants(à deux pas de BB King) il grandira en ramassant le coton et en jouant de la cigar box guitar et du diddley bow avant d'avoir sa première guitare en 1942.

Il avait commencé comme batteur de Jimmy Reed avant de graver ses propres titres.
Ses plus gros succès furent entre autres Crosscut Saw, I'll play the blues for you (j'adore!),
Born under a bad sign, As the years go passing by

The hunter...et bien d'autres
En ce qui concerne les albums il y en a un que j'aime vraiment beaucoup c'est I'll play the blues for you sorti en 1972

albert_king_ill_play_the_blues_for_you.jpg
Il y a bien sûr Live Wire
Live-wire-copie-1.jpg
I wanna get funky
albert-king-i-wanna-get-funky.jpg
Vous pouvez écouter ces albums et beaucoup d'autres sur Deezer.
J'ai eu l'occasion de reprendre plusieurs titres en concert, dont I'll play the blues for you et je joue encore Born under a bad sign et le jouerai donc le 31 mars prochain à Marseille (Saint Barnabé, dans le 12ème).
Une petite photo du Pilogue blues band pour terminer, à bientôtPilogue.jpg

Par pilogue - Publié dans : bluesmen
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Mardi 10 janvier 2012 2 10 /01 /Jan /2012 00:00

Alors tout d'abord comme promis voici des infos sur les conférences blues (et jazz) organisées à Vitrolles dès le mois de février par l'infatigable René ''fast fingers'' Agarrat et l'Arbre à palabres avec le concours de Charlie Free et de la médiathèque.

Si ces flyers ne sont pas trop lisibles, je vous conseille de copier les images sur votre ordi et de les regarder en plus grand.

Attention la première est le 17 février et elle sera animée par l'excellent Jean-Paul Levet qui a publié un bouquin dont j'avais fait l'éloge dans un article précédent. histoires du blues 6: livre indispensable

 

 

verso.jpg

 

 

 

recto

 

Je ne serais pas intervenant sur ces conférences qui devraient logiquement se conclure par un concert dans une formule non encore déterminée à ce jour mais sans doute au mois de mai.

Par contre le samedi 31 mars je me produirai avec mes nouveaux musiciens à Marseille dans un lieu super sympa dont je vous reparlerai plus tard.

Les réservations seront ouvertes dès début février avec un prix préférentiel pour tous ceux qui me contacteront par le biais du blog.

 

Pour nos amis batteurs je voudrais vous signaler que Rob Hirons (qui jouait avec moi l'an passé) vient de publier un dvd pédagogique de haute volée qu'il va d'ailleurs présenter au Namm de Los Angeles (oui, oui, Los Angeles et pas les Angles à côté d'Avignon!).

Voici l'info toute fraîche

 

gfmailingfr.jpg

 

Plus d'infos sur le site de Rob.

 

Et pour finir en clin d'oeil à Alain et à l'équipe d'Eden District Blues (salut Jean-paul) un live de Sean Carney


 

A bientôt

 

Par pilogue
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Jeudi 5 janvier 2012 4 05 /01 /Jan /2012 00:00

collins-corbis-530-85.jpg

 

 

Donc bonne année à tous.

Je souhaite à tous et toutes une bonne santé, une année pleine de bonheur et de surprises agréables.

 

Aujoud'hui, je vais évoquer un très grand Monsieur du blues électrique, Albert Collins.

Né le 03 octobre 1932 à Leona au Texas, il est décédé Las Vegas le 24 novembre 1993 des suites d'un cancer.

 

Ce grand (au propre et au figuré) guitariste jouait en open tuning de rém (pour les connaisseurs) et positionnait son capodastre entre la case 5 et 9 de sa télécaster.

De fait il n'utilisait qu'une petite partie du manche, difficile pourtant de trouver son jeu limité !

Il portait sa guitare avec la sangle en bandoulière sur l'épaule droite et jouait sans médiator utilisant ses doigts pour travailler son ''Ice Picking''.

 

 


 

 

Il proposait un blues teinté de soul et de funk parsemé de nombreux instrumentaux car il se considérait comme un guitariste plus qu'un chanteur (après avoir débuté au piano).

Accompagné de cuivres et d'un orgue hammond dont il adorait les sonorités, il adorait descendre dans la salle avec un jack de 30m et il lui arrivait même de sortir de la salle pour faire le bœuf avec un passant dans la rue au grand malheur de ses musiciens qui devaient faire tourner la machine pendant ce temps.

  albert.jpg

On le voit même quitter une salle de concert (Biddy Mulligan’s à Chicago) tout en continuant de jouer, monter à bord d’un autobus de la ville qui fait un arrêt en face du club, s’asseoir pour exécuter un petit solo. Le chauffeur, époustouflé, immobilise son bus le temps que Collins finisse cet impromptu… et regagne la scène.

Un autre tantôt, toujours en jouant un solo hypnotiseur, il emprunte un corridor et disparaît. Mais on l’entend encore. Il revient sur scène et, quelques minutes plus tard, un livreur arrive avec une grosse pizza. Grâce à un passage adjacent, il avait rejoint une pizzeria et passé sa commande, tout en jouant, avant de rejoindre son band pour finir la chanson. C’était au Antone’s Austin Home of the Blues, au Texas.

http://exruefrontenac.com/spectacles/blues/22315-blues-albert-collins

 

 


Ici avec Duke Robillard (le complice d'Al basile entre autres) et Debbie Davies dont il sera question un peu plus loin.

 

 

 


 

Albert fait encore partie, presque vingt ans après son décès, des musiciens exceptionnels nantis d'une personnalité forte, dont on reconnait immédiatement la patte dès les premières notes. A cet effet, Gary Moore à qui un journaliste demandait s'il n'était pas trop difficile, pour un guitariste comme lui, de jouer avec un guitariste de Blues à la technique limitée, répondit sèchement à peu près dans ces termes : "La technique n'a strictement rien à voir ! Toute la technique du monde ne m'aiderait pas à atteindre le feeling que peut dégager un artiste tel que Collins. On peut acquérir de la technique, jouer très vite, mais ce n'est pas ce qui permet d'acquérir le feeling. (.../...) Comment peut-on penser de telles choses ?"

 

C'est après avoir vu Gatemouth jouer sur une Fender Esquire qu'il adoptera ce modèle, auquel il rajouta un Humbucker en position manche (L'Esquire est une Telecaster avec un seul micro, simple mais puissant, placé en position chevalet). A cette époque, très peu de bluesmen utilisaient ces modèles généralement assimilés à la Country.

 

AlbertCollinsFenderTelecaster-copie-1.jpg

 

Vous pouvez vous la procurer ici (attention çà douille!) link

 

Le diapason étant raccourci par le capodastre, les notes perdent en sustain, au profit d'un son plus sec et claquant. Le style est nerveux et cinglant, avec une puissance sous-jacente. Un sustain travaillé aux doigts, en triturant avec force et vivacité ses cordes (bend, vibrato). D'où un jeu inimitable donnant une impression de puissance naturelle (pas d'autre effet qu'un peu de réverbe de l'ampli) et de vitalité, qui font penser à un diable coquin sorti de sa boîte. Collins avait fait remplacer le micro manche par un Humbucker pour avoir plus de puissance, et réduire les fréquences parasites. La voix n'est pas en reste. S'il n'est pas à proprement parler un de ces fameux blues-shouters (il a d'ailleurs longtemps hésité à chanter), si son registre est certes un peu limité, la force, la conviction et la sincérité qu'il met dans son chant profond, grave, légèrement éraillé et chaleureux, permettent de séduire aisément l'auditeur le plus pointilleux.

http://ledeblocnot.blogspot.com/2011/11/albert-collins-collins-mix-1993-by.html

 

 


 

 

Albert faisait partie aussi de ces ''passeurs'' du blues qui n'étaient jamais avares de conseils ou de coups de pouce pour la jeune génération.

Voici quelques témoignages extraits de l'ouvrage ''Children of the blues'' de Art Tipaldi (en anglais).

 

children-of.jpg

Tout d'abord Ronnie Baker Brooks, fils de Lonnie Brooks et très bon bluesman lui-même : ''Je me souviens d'Albert comme d'un membre de la famille.Après mon père, il est sans doure le seul autre gars qui m'aie vraiment, vraiment touché. D'autres musiciens m'ont impressionné, mais Albert m'a donné cette étincelle qui m'a mené un cran plus haut. Mon père m'avait formé et donné l'envie, Albert m'a donné la confiance en moi.

Ronnie a sa propre histoire de headcuttin' avec Albert (les headcutters, les coupeurs de tête, c'était à l'origine l'équipe de Muddy Waters qui se produisait dans les clubs de Chicago comme invités et qui prenaient ensuite le contrat avec le club de leur hôte car ils étaient meilleurs, le terme est resté pour des joutes entre musiciens).

Il avait toujours voulu faire le bœuf avec Albert mais n'en avait jamais eu le courage. Un jour, invité par le pianiste il joue aux dés backstage avec toute l'équipe, d'abord pour des médiators puis pour de l'argent et pique ainsi pas mal d'oseille à Albert ;

A la fin du show Albert l'invite sur scène pendant qu'il joue son célèbre instrumental et lui dit, vas-y frèrot, envoie ton solo. Ronnie raconte qu'il donne tout ce qu'il a puis Albert arrive, joue une seule note (mais quelle note) et le cloue au pilori comme un guitariste à deux balles qu'il devenait pour tout le monde. Ronnie le regarde et voit dans ses yeux ''Je t'ai eu !''

Après le concert Albert vient le voir et lui dit ''Tu comprends, petit, quelqu'un devait te remettre à ta place, tu m'avais piqué tout mon fric !''.

 

 


 



Sherman Robertson ''Quand j'avais 12 ans Albert jouait à deux pâtés de maison de chez moi, un club appelé Walter's Lounge. J'y allais en vélo le dimanche et je collais mon oreille contre les murs pour l'écouter. Il avait déjà cette télécaster qui sonnait comme elle a toujours sonné. Il m'a laissé taper le bœuf quand j'avais 13 ans.

Albert avait une façon bien à lui de partager la scène ; Il vous invitait, vous laissait jouer tout votre solo puis revenait devant et vous désintégrait en quelques notes !

Sa fameuse phrase ''take your time, son'' (prends ton temps fiston) était vraiment un grand conseil et je ne me suis mis à bien jouer que quand j'ai su le mettre en pratique. Quand j'ai commencé à jouer, la vitesse était le truc, tout le monde voulait jouer à fond les manettes. Puis j'ai entendu ''take your time son'' ; ce qu'il essayait de dire c'était prends ton temps sinon tu vas vite brûler. Cela prend des années pour trouver les bonnes notes. Il m'a fallu plus de 15 ans pour comprendre qu'il n'en fallait que deux ou trois mais placées au bon moment.

 

Albert_Collins.jpg

 


Jimmie Vaughan : ''Je me souviens de son honnêteté dans son jeu. Il était un gars adorable au civil. Mais sur scène, il pouvait te massacrer sans que tu n'aies la moindre chance. Albert t'apprenait par l'exemple. Il te laissait t'exprimer, mais quand il attaquait son solo c'en était fini de toi. Il n'y avait rien à faire à part sourire niaisement.

 

 


 



Debbie Davis : Debbie a tenu pendant trois ans la guitare rythmique au sein du groupe d'Albert avant de faire carrière en solo..

''Il était mon mentor mais aussi ma source constante d'inspiration. Je lui montrais toujours mes nouveaux riffs ou mes nouvelles chansons ; albert est né dans le sud avant le mouvement pour les droits civiques ; il a grandi sans argent et sans famille qui puisse lui payer un instrument ou des leçons. Il a bossé très longtemps la journée pour être musicien le soir ; quand il a pu vivre de la musique, il l'a vraiment apprécié à sa juste valeur et en était reconnaissant. Cette gratitude transparaissait dans la chaleur de ses relations avec les autres.

Je n'avais jamais jamais joué dans un tel groupe avant. C'était énorme ! Il y avait tant d'énergie ! J'ai aussi observé comment Albert tenait le coup même quand la route devenait vraiment éreintante et dure, quoi qu'il en coûtât il trouvait toujours l'énergie pour le concert. Il sortait çà de ses tripes chaque soir. C'est ce qui m'a le plus frappé en travaillant avec lui, cette capacité à puiser tout au fond de lui-même et sortir au bon moment cette incroyable énergie.

 

Albert-Collins-1979.jpg



Coco Montoya : ''Albert fut vraiment comme un père. Je dis souvent : j'ai eu deux pères et je suis béni pour çà. Les cadeaux qu'ils m'a offert sont l'âme, la compassion, la confiance en moi-même, la foi en la musique, et la persévérance. Je l'ai vu être fort dans l'adversité et je l'ai vu faible aussi''.

 

Sa première rencontre avec Albert remontait à 1971 quand Coco était allé voir le Buddy Miles Express au Whiskey'a-Gogo. Collins était dans le public et offrit à Montoya de l'emmener en coulisses pour rencontre les musiciens. Après le spectacle il est allé chez Albert, ils ont bu quelques bières, joué de la guitare aux dominos et parlé jusqu'à 6 heures du matin.

Lors de leur rencontre suivante Coco qui était alors batteur avait prêté sa batterie au groupe d'Albert et était devenu furieux en s'apercevant lors de son concert suivant qu'elle avait été installée différemment et pas remise en place. Au courant de l'histoire Albert avait appelé pour s'excuser et avait été si gentil que Coco leur avait laissé utiliser la batterie à nouveau.

Il était même allé les voir jouer et Collins l'avait invité à jouer avec eux.

Quelques mois plus tard Collins aura besoin d'un batteur, il se souviendra de Coco et lui proposera la place que ce dernier acceptera.

 

coco-albert.jpg

Il raconte que des années plus tard quand il tenait alors la guitare rythmique il lui suffisait de tourner le dos un instant et quand il faisait volte face il y avait un gars invité sur scène et Albert qui le regardait en lui disant '' je lui ai dit qu'il le pouvait''. Albert ne disait jamais non.

''C'était vraiment un être humain extraordinaire. Noir et issu d'un des coins les plus pauvres qui soient, il y avait peu de chances qu'il devienne l'homme qu'il a été, et c'est vraiment étonnat, composer avec le racisme qui a entouré sa jeunesse, comme pour chaque noir, et d'être l'homme qu'il était. Il aimait tout le monde. Il pouvait s'asseoir au bar après un concert et discuter avec les poivrots avec toute la patience du monde''.

 

Le témoignage de Coco Montoya est vraiment très émouvant mais aussi serait un peu long à traduire en intégralité, je vous retranscris donc cette dernière évocation.

''Quand j'ai quitté la formation d'Albet, je me suis installé à Seattle en pensant que ma carrière allait décoller. Je suis tombé de haut. Je me souviens d'Albert qui était venu en ville et lu et moi on discutait le bout de gras chez Denny's où on avait nos habitudes ; J'essayais de lu raconter des bobards ; J'étais un gamin, désorienté, sans un rond et je vivais dans mon van. Il m'a regardé et il a dit ''t'es juste un gars qu'il fait ce qu'il a à faire. Tout le monde fait des erreurs. Il a envoyé la main à la poche, m'a donné 200 dollars et m'a dit ''utilise cet argent pour rentrer chez toi et te refaire une santé pour reprendre pied.''

 

Eh les gars je vous ai trouvé un boeuf Albert Collins, alors accrochez vous, çà dépote vegra!

 

 


 



Bref en dehors d'être un bluesman exceptionnel, Monsieur Collins était vraiment un grand homme.

Pour sa discographie bien sûr Ice Pickin' chez Alligator.

Albert-Collins-Ice-Pickin-Delantera.jpg

 

J'ai un faible pour le live 92-93 avec les IceBreakers

 

live-92.jpg

 

Le Deluxe edition est une compil sympa pour aborder l'univers du master of Telecaster

Albert-Collins---Deluxe-Edition-1997.jpg

 

enfin Showdown sur Alligator avec Robert Cray et Johnny Copeland qu'il enfume en toute amitié...

 

Showdown.jpg

Mais pleins d'autres sont super...

 

Dans le prochain article je vous donnerai plus d'infos sur la reprise des conférences blues à Vitrolles en février.

D'ici là bonne écoute en compagnie de Monsieur Albert



 

Par pilogue - Publié dans : bluesmen
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Mardi 27 décembre 2011 2 27 /12 /Déc /2011 00:00

 

 

 



 

Et voici un intello du blues !

A l'origine poéte et auteur de fictions, Al Basile(rien à voir avec la bande du même nom) fut le premier à obtenir un master à l'issue de la filière de L'Université Brown sur l'écriture créative ; il a également écrit des comédies musicales alors qu'il était étudiant . La rencontre avec Duke Robillard en 1969 changera ses choix artistiques pour le reste de sa vie. Il démarre sa carrière sur scène en 1973, embauché par Duke comme le premier trompettiste du plus grand groupe de jump blues de Rhode Island, Roomful of Blues, et va jouer avec des grands du blues et du jazz comme Cleanhead Vinson, Red Prysock, Helen Humes, Joe Turner, et Johnny Shines. Il s'en va 1975 pour se consacrer à l'enseignement, au chant, et à l'écriture de chansons. Il retrouvera Duke Robillard, le fondateur de Roomful, à la fin des années 80. Ses chansons et son jeu à la trompette continueront leur existence à travers les années 90 sur les disques de Robillard pour Rounder, Stony Plain, Pointblank, et Shanachie. Les titres qu'il a co-écrits avec Duke ont été utilisés par la télévision pour la série Homicide: Life on the Street(Homicide en France) et le film Blood and Wine (avec Jack Nicholson).Ruth Brown enregistra une des chansons d'Al sur l'album vainqueur du Handy Award en 1997 R&B=Ruth Brown, qui était la première participation d'Al à un projet récompensé. La seconde arriva l'année suivante sur celui de Duke Guitar Groove-a-Ramaqui incluait le titre d'Al "This Dream (Still Coming True)" pour le titre de Best Traditional Blues Album de 2006.



Il a enregistré de très bons albums, je vais vous en présenter 3, à retrouver sur  I-Tunes puisque Deezer ne sait pas qu'il existe.

 

Al-Basile---Blue-Ink---Front.jpg

 


 


Blue Inkest une collection de blues d'Al avec Duke et son groupe plus Jerry Portnoy à l'harmonica, tout droit sorti des sessions de Me&Mr.Johnsonavec Eric Clapton. C'est le groupe rêvé pour ce style, qui couvre un vaste échantillon de styles depuis le Muddy des années 50 jusqu'à Freddy King en passant par le swamp/funk blues et le style de blues New Orleans/Longhair . Duke est producteur et joue toutes les parties guitare. Blue Ink atteignit la 18ème place sur le Living Blues radio chart.

 

al-growin-.jpg



 

 

En 2006 Groovin' in the Mood Roomdépouilla la section rythmique pour mettre en valeur le jeu de guitare lead de Duke, et mit l'accent sur des grooves musclés pour soutenir les textes d'Al et son chant plein de soul. Cet album fut beaucoup joué sur les radios aux Usa et ailleurs, atteignant cette fois la 14ème place du Living Blues chart.

"Comme Robillard, Basile reste au plus près du blues, tout en trouvant une approche personnelle qui nous fait vibrer avec sa musique''

Joseph Taylor
Soundstage.com

 



 



 

The Goods

Les 13 titres du cd sont écrits par Basile, et ils couvrent un spectre de styles depuis le gospel au quasi-rockabilly, en passant par la soul ou le jazz, tout en gardant les deux pieds plantés dans le blues.

 

goods_promo.png

Enregistré dans les studios de Duke Robillard, on y retrouve de magnifiques parties de 6 cordes et bien sûr quelques solos de cornet.

Le sentiment d'ensemble est un groove à la force tranquille témoignant d'une grande maîtrise musicale et de la complicité liant les musiciens.

Un des meilleurs titres,“Lie Down In Darkness (Raise Up In Light)” (vidéo qui ouvre cet article) explose grâce aux invités de choix que sont les Blind Boys of Alabama. La chanson propose une belle suite d'accords gospel et les harmonies des Blind Boys en arrière du chant d'Al sont magnifiques. Le solo de cornet puis de guitare par Duke sont également remarquables.

 

Et maintenant un peu de musique, trois titres de son dernier album;

Vous pouvez aussi vous rendre sur son site pour en écouter d'autres

link


 

Les disques de ce grand bonhomme sont vraiment rafraichissants et débordent de feeling, de sincérité et de talent. On pénètre avec Al basile dans un univers qui gravite autour du blues mais qui en propose une relecture très personnelle aux influences jazzy, soul et avec des musiciens hors pair.
Vraiment un musicien à découvrir!

Sinon, deux petites infos que je vous présenterai plus en détails l'an prochain: un nouveau cycle de conférences sur le blues qui démarre le vendredi 17 février à Vitrolles, vous pouvez déjà le noter sur vos nouveaux agendas et Pilogue qui fera sa rentrée musicale le Samedi 31 mars à Marseille pour une  soirée blues au cours de laquelle j'espère avoir le plaisr de vous retrouver.
Plus d'infos prochainement
Bon bout d'an à tous et à toutes
Par pilogue - Publié dans : Conseils cd
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Mardi 20 décembre 2011 2 20 /12 /Déc /2011 09:10

 

Life Keith Richards

Life.jpg

 

 

Une idée de cadeau pour Noêl, la bio du génial guitariste de Stones !

Pas une nouveauté à proprement parler mais je viens seulement de me la procurer en d'en lire un bon tiers.

Cà se lit très bien, il y a des anecdotes concernant les Stones, Keith nous donne son point de vue sur des personnalités du Swinging London et d'ailleurs (attention je n'en suis qu'au premier tiers) il nous décrit très bien la passion du blues qui l'animait, avec son acolyte Jagger, et qui est à l'origine de la naissance du groupe ; pour les nouveaux venus Rolling Stone est un titre de Muddy Waters(couplé à Catfish, on a échappé au pire, The

Catfishes...).

 

 

 

 

 

 

 

 

 

On y apprend que (selon Keith) les rapports avec les Beatles, surtout John Lennon étaient très cordiaux ; qu'ils s'échangeaient même des chansons !

Visiblement çà n'était pas le grand amour avec Brian Jones, mais je ne m'intéresse pas à la polémique stérile qui opposerait l'un à l'autre pour trouver l'âme des Stones.

 

Je préfère vous citer ici quelques extraits en rapport avec ce blog, à savoir le blues.

''Au début, avec Mick, çà se passait comme çà. On mettait la main sur un nouveau disque, par exemple un Jimmy Reed, moi j'apprenais les morceaux à la guitare, lui recopiait les paroles, et on disséquait çà dans tous les sens.''C'est comme çà ?

-Ouais on dirait !

Et on se marrait en le faisant, je crois qu'on savait tous les deux qu'on était en train d'apprendre quelque chose, et c'était quelque chose qu'on avait envie d'apprendre, et c'était mille fois mieux que tous les cours.''

 


 

''Dans les années 60, les amateurs de blues british valaient le détour. C'était de drôles d'oiseaux ; Ils se réunissaient comme les premiers chrétiens dans des petites salles du sud-est de Londres. Le blues était leur seul point commun, il y avait des gens de tous les âges et de tous les bords. 9À faisait drôle d'entrer dans une pièce où la seule chose qui comptait c'était le dernier disque de Slim Harpo qu'on était en train d'écouter, et tout le monde était d'accord.

 

''Les gens qu'il fallait fréquenter pour obtenir le dernier petit disque ! Les puristes du blues étaient archi-coincés, ultra-conservateurs, des nerds à lunettes qui vous prenaient de haut et pensaient être les seuls à savoir ce qu'était le vrai blues ; Ah, çà, ils étaient persuadés de savoir ! Ils se la jouaient à Bexleyheath, Londres, ouais, mais ils ne connaissaient pas la moitié des chansons, ils ne comprenaient même pas d quoi çà parlait, et s'ils avaient su ils auraient fait dans leur froc. Ils avaient une idée toute faite du blues, ils pensaient que c'était un truc de culs-terreux américains qu'eux seuls pouvaient jouer ; c'était leur passion, pour le meilleur et pour le pire.

C'était aussi ma passion, mais çà ne m'intéressait pas d'en parler avec eux ; je refusais d'en discuter ; je me contentais de demander :''Je peux ré-écouter ? Je sais comment ils jouent çà, j'ai juste besoin de vérifier.'' c'était çà, notre but, en fait ; à ce moment même une fille n'aurait pas réussi à me détourner du dernier BB King ou Muddy waters.

 

 

 

 

 

''Le groupe était très fragile. On ne se doutait pas qu'il marcherait. Je veux dire que bon, nous, on était anti-pop, anti-musique de bal, notre truc, c'était devenir la meilleure formation de blues de Londres et d'en remontrer à tous ces branleurs parce qu'on savait qu'on était les meilleurs (...). On voulait juste rendre d'autres gens accros à Muddy Waters, Bo Diddley et Jimmy Reed. On n'avait pas l'intention de ''devenir'' quoi que ce soit. L'idée de faire un disuqe paraissait complètement exclue. A cette époque, on était des idéalistes avec une mission : promouvoir bénévolement le blues de Chicago. Tout pour la cause. Et étudier la technique intensément, avec une concentration monastique, en tout cas moi. Depuis le moment où je me réveillais jusqu'à celui où je m'écroulais, chaque instant était consacré à l'apprentissage, à l'écoute et à la recherche d'un peu de thune.''

 

Il faut bien avouer que certaines parties du livre(j'en suis maintenant au 3/5émes) sont un peu lourdingues et souffrent peut- être d'une implication moins évidente du héros, en tout cas la dope fait partie de son histoire c'est évident mais la manière dont elle est évoquée est un peu étrange.

Keith nous explique qu'il aurait tenu le coup grâce à la spécificité de son organisme et au fait qu'il ne prenait que de la top qualité.

En même temps au détour de quelques lignes il nous parle quand même de la souffrance du manque et des souvenirs envolés ou racontés par d'autres suite à l'abus de certains produits.

 

 

 

 

 

Les ponts de vue sur leur production musicale sont aussi assez clairsemés ; par contre on se replonge avec plaisir dans la lecture, car pour avaler les 600 pages d'une traite c'est difficile à moins d'être en congé, malade ou en mission au pôle nord, coincé dans une base plongée dans le froid (euh, pilogue, ce n'est pas la chronique de The Thing que tu dois faire...)

 

Je vous fais maintenant une petite compil de critiques vues sur le net pour vous donner une idée plus précise, à lire en écoutant la musique.

 

 

 

 

 

En tout cas, avec lui, on passe quarante années d’une intensité incroyable. Les coulisses des disques des Stones n’ont pas de secret pour Richards. Il se raconte à travers ses rencontres et ses amours. Il assume sa mauvaise foi dès qu’il parle de son ennemi préféré, Mick Jagger. Il déclare son amour à Charlie Watts. Il s’excuserait presque auprès des autres Stones qui furent parfois effrayés par sa folie. http://www.etat-critique.com/Life_livre_3170.html

 

Maintenant d'un point de vue objectif, il faut reconnaitre que la qualité de l'ouvrage est très proportionnelle à la qualité de la production des Stones tout au long de ses plus de 40 ans. Le début de l'ouvrage est de bonne qualité puis la montée des années 70 et son cortège de drogues multiples, désunions du groupe et autres conséquences de la promiscuité devient plus difficile à digérer. Quant aux dernières années, elles sont même parfois indigeantes. Tout ça en fait une bio essentielle pour l'histoire du rock.  

Lequenne Vincent "Run Faster"

 

Un des principes clairement énoncé par l'intéressé, c'est de faire ce qu'on a envie de la manière à laquelle on en a envie, sans se demander comment les autres en ont envie. Ce récit est dans la droite ligne de ce principe. Keith Richards raconte sa vie, et surtout pas la votre. Il la raconte comme il l'a vécue et non comme vous avez envie de la voir.  

funkyrocky "pointcom"

 

 

Alors voila le livre-animal tant attendu, voila enfin la biographie du riffeur en chef, de l’autre tête des Rolling Stones, voila la vie de Keith Richards par les mots du Maître. Enfin ! Il faut bien le dire, la façon de se raconter de Keith est très éloignée de celle de Clapton. D’un côté, un jouisseur pour qui la sainte trinité sex & drugs & rock’n roll a été un art de vivre et de l’autre, un puriste qui regrette franchement de s’être embarqué dans un tel cirque. Keith et Lemmy, inoxydable hurleur en chef de Motorhead, ont la même vision des choses : la drogue a été une bonne chose pour moi mais ne faites pas de moi un exemple dans ce domaine. Au contraire ! Numanuma

 

Avec une verve et une honnêteté qui n'appartiennent qu'à lui, le pirate valide ou infirme les légendes, détaille la genèse de ses standards, conte les virées homériques, les tournées et les bastons. Et n'oublie pas de distiller quelques coups bas contre son frère ennemi, Mick Jagger. Difficile de ne pas se régaler en plongeant dans les souvenirs de ce papy indigne et génial, à la fois hors la loi, millionnaire et monument historique. par Julien Blanc-Gras

 

 

Ce livre est maintenant disponible en édition de poche dans toutes les bonnes épiceries et toujours en édition moins cheap pour un plus joli cadeau.
A bientôt et Joyeux Noêl à tous

 

Par pilogue
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