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Life Keith Richards

Une idée de cadeau pour Noêl, la bio du génial guitariste de Stones !
Pas une nouveauté à proprement parler mais je viens seulement de me la procurer en d'en lire un bon tiers.
Cà se lit très bien, il y a des anecdotes concernant les Stones, Keith nous donne son point de vue sur des personnalités du Swinging London et d'ailleurs (attention je n'en suis qu'au premier tiers) il nous décrit très bien la passion du blues qui l'animait, avec son acolyte Jagger, et qui est à l'origine de la naissance du groupe ; pour les nouveaux venus Rolling Stone est un titre de Muddy Waters(couplé à Catfish, on a échappé au pire, The
Catfishes...).
On y apprend que (selon Keith) les rapports avec les Beatles, surtout John Lennon étaient très cordiaux ; qu'ils s'échangeaient même des chansons !
Visiblement çà n'était pas le grand amour avec Brian Jones, mais je ne m'intéresse pas à la polémique stérile qui opposerait l'un à l'autre pour trouver l'âme des Stones.
Je préfère vous citer ici quelques extraits en rapport avec ce blog, à savoir le blues.
''Au début, avec Mick, çà se passait comme çà. On mettait la main sur un nouveau disque, par exemple un Jimmy Reed, moi j'apprenais les morceaux à la guitare, lui recopiait les paroles, et on disséquait çà dans tous les sens.''C'est comme çà ?
-Ouais on dirait !
Et on se marrait en le faisant, je crois qu'on savait tous les deux qu'on était en train d'apprendre quelque chose, et c'était quelque chose qu'on avait envie d'apprendre, et c'était mille fois mieux que tous les cours.''
''Dans les années 60, les amateurs de blues british valaient le détour. C'était de drôles d'oiseaux ; Ils se réunissaient comme les premiers chrétiens dans des petites salles du sud-est de Londres. Le blues était leur seul point commun, il y avait des gens de tous les âges et de tous les bords. 9À faisait drôle d'entrer dans une pièce où la seule chose qui comptait c'était le dernier disque de Slim Harpo qu'on était en train d'écouter, et tout le monde était d'accord.
''Les gens qu'il fallait fréquenter pour obtenir le dernier petit disque ! Les puristes du blues étaient archi-coincés, ultra-conservateurs, des nerds à lunettes qui vous prenaient de haut et pensaient être les seuls à savoir ce qu'était le vrai blues ; Ah, çà, ils étaient persuadés de savoir ! Ils se la jouaient à Bexleyheath, Londres, ouais, mais ils ne connaissaient pas la moitié des chansons, ils ne comprenaient même pas d quoi çà parlait, et s'ils avaient su ils auraient fait dans leur froc. Ils avaient une idée toute faite du blues, ils pensaient que c'était un truc de culs-terreux américains qu'eux seuls pouvaient jouer ; c'était leur passion, pour le meilleur et pour le pire.
C'était aussi ma passion, mais çà ne m'intéressait pas d'en parler avec eux ; je refusais d'en discuter ; je me contentais de demander :''Je peux ré-écouter ? Je sais comment ils jouent çà, j'ai juste besoin de vérifier.'' c'était çà, notre but, en fait ; à ce moment même une fille n'aurait pas réussi à me détourner du dernier BB King ou Muddy waters.
''Le groupe était très fragile. On ne se doutait pas qu'il marcherait. Je veux dire que bon, nous, on était anti-pop, anti-musique de bal, notre truc, c'était devenir la meilleure formation de blues de Londres et d'en remontrer à tous ces branleurs parce qu'on savait qu'on était les meilleurs (...). On voulait juste rendre d'autres gens accros à Muddy Waters, Bo Diddley et Jimmy Reed. On n'avait pas l'intention de ''devenir'' quoi que ce soit. L'idée de faire un disuqe paraissait complètement exclue. A cette époque, on était des idéalistes avec une mission : promouvoir bénévolement le blues de Chicago. Tout pour la cause. Et étudier la technique intensément, avec une concentration monastique, en tout cas moi. Depuis le moment où je me réveillais jusqu'à celui où je m'écroulais, chaque instant était consacré à l'apprentissage, à l'écoute et à la recherche d'un peu de thune.''
Il faut bien avouer que certaines parties du livre(j'en suis maintenant au 3/5émes) sont un peu lourdingues et souffrent peut- être d'une implication moins évidente du héros, en tout cas la dope fait partie de son histoire c'est évident mais la manière dont elle est évoquée est un peu étrange.
Keith nous explique qu'il aurait tenu le coup grâce à la spécificité de son organisme et au fait qu'il ne prenait que de la top qualité.
En même temps au détour de quelques lignes il nous parle quand même de la souffrance du manque et des souvenirs envolés ou racontés par d'autres suite à l'abus de certains produits.
Les ponts de vue sur leur production musicale sont aussi assez clairsemés ; par contre on se replonge avec plaisir dans la lecture, car pour avaler les 600 pages d'une traite c'est difficile à moins d'être en congé, malade ou en mission au pôle nord, coincé dans une base plongée dans le froid (euh, pilogue, ce n'est pas la chronique de The Thing que tu dois faire...)
Je vous fais maintenant une petite compil de critiques vues sur le net pour vous donner une idée plus précise, à lire en écoutant la musique.
En tout cas, avec lui, on passe quarante années d’une intensité incroyable. Les coulisses des disques des Stones n’ont pas de secret pour Richards. Il se raconte à travers ses rencontres et ses amours. Il assume sa mauvaise foi dès qu’il parle de son ennemi préféré, Mick Jagger. Il déclare son amour à Charlie Watts. Il s’excuserait presque auprès des autres Stones qui furent parfois effrayés par sa folie. http://www.etat-critique.com/Life_livre_3170.html
Maintenant d'un point de vue objectif, il faut reconnaitre que la qualité de l'ouvrage est très proportionnelle à la qualité de la production des Stones tout au long de ses plus de 40 ans. Le début de l'ouvrage est de bonne qualité puis la montée des années 70 et son cortège de drogues multiples, désunions du groupe et autres conséquences de la promiscuité devient plus difficile à digérer. Quant aux dernières années, elles sont même parfois indigeantes. Tout ça en fait une bio essentielle pour l'histoire du rock.
Un des principes clairement énoncé par l'intéressé, c'est de faire ce qu'on a envie de la manière à laquelle on en a envie, sans se demander comment les autres en ont envie. Ce récit est dans la droite ligne de ce principe. Keith Richards raconte sa vie, et surtout pas la votre. Il la raconte comme il l'a vécue et non comme vous avez envie de la voir.
Alors voila le livre-animal tant attendu, voila enfin la biographie du riffeur en chef, de l’autre tête des Rolling Stones, voila la vie de Keith Richards par les mots du Maître. Enfin ! Il faut bien le dire, la façon de se raconter de Keith est très éloignée de celle de Clapton. D’un côté, un jouisseur pour qui la sainte trinité sex & drugs & rock’n roll a été un art de vivre et de l’autre, un puriste qui regrette franchement de s’être embarqué dans un tel cirque. Keith et Lemmy, inoxydable hurleur en chef de Motorhead, ont la même vision des choses : la drogue a été une bonne chose pour moi mais ne faites pas de moi un exemple dans ce domaine. Au contraire ! Numanuma
Avec une verve et une honnêteté qui n'appartiennent qu'à lui, le pirate valide ou infirme les légendes, détaille la genèse de ses standards, conte les virées homériques, les tournées et les bastons. Et n'oublie pas de distiller quelques coups bas contre son frère ennemi, Mick Jagger. Difficile de ne pas se régaler en plongeant dans les souvenirs de ce papy indigne et génial, à la fois hors la loi, millionnaire et monument historique. par Julien Blanc-Gras