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20 décembre 2010 1 20 /12 /décembre /2010 00:00

bobby20bland2001.jpg

 

 

 

 

 

Robert Calvin Bland alias Bobby blue Bland est né à Rosemark, dans le Tennessee le 27 janvier 1930.

Il a gagné et maintenu son statut de superstar du blues à la dure, sans guitar, harmonica ou quelque autre instrument pour s'appuyer.  Tout ce qu'il avait à offrir c'était cette voix magnifique, un instrument extrêmement puissant dans sa jeunesse, balancé avec charisme  et un sens aigu du mélisme (si vous ne savez pas ce que c'est rapprochez-vous d'un article précédent).  Parlez-en  à ses legions de fans féminines qui firent de lui un sex symbol même tard dans sa carrière.

Son style de blues plus velouté lui a permis de perdurer dans le circuit blues année après année depuis plus de cinquante ans.

 

Il chante tout d'abord dans des groupes de Gospel, notamment les Miniatures qui connaissent le succès dans les églises autour de Memphis. Il forme ensuite les Beale Streeters (du nom de la rue Beale Street qui vaudra son surnom à BB King).

Bobby Bland s'intéressait déjà au blues et surtout il était capable de retenir des effets d'autres musiques qu'il écoutait à l'époque et bâtira ainsi un style qui n'existait pas vraiment avant lui.

 

 “Les spirituals, le blues et la  country & western, cà participe tout du même truc”, Bland déclarait lors d'une interview au Midlife Rocker's Weblog . Si vous écoutez des titres country and Western de Ernest Tubb et Roy Acuff, ils ont le même feeling. Juste des textes différents.


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Yiiiiipa!

 

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Euh, Mister Bland a eu bien du mérite à faire du blues de cette qualité après avoir écouté çà; remarquez quand j'étais petit c'était Enrico ou Mireille Mathieu avec dans les grands moments de délire Paulette Merval et Marcel Merkès


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Ce n'est donc pas la peine de faire le malin...mais revenons plutôt à l'entretien (qui vaut mieux que deux tu l'auras...)

 

 

''Donc, j'ai commencé par écouter de la country et western quand j'étais jeune. A l'époque il y avait un gala amateur tous les vendredi soir et si vous étiez bon vous pouviez gagner 5 dollars. Aussi je devins plutôt bon... c'était une somme à l'époque 5 dollars vous savez''

 

Mais le blues, était difficile à faire admettre. Les gens voyaient çà comme un truc soporifique et déprimant. Il n'était pas respecté du tout. Je me suis mis à écouter Blind Lemon Jefferson, Big Boy Crudup, Big Joe Turner, des types de ce genre, et aussi BB King, et j'ai en quelque sorte développé un blues avec un feeling proche des spirituals. Ce que j'avais appris à l'église, mon phrasé, et tout le reste vient de ma fréquentation de l'église.''

Mais comme beaucoup de gens qui craignaient Dieu, sa mère et sa grand-mère n'appréciaient pas le blues. Elles étaient des femmes d'église et le blues... c'était la musique du Diable.

“On vous rappelait çà pendant les prières et à l'église le Dimanche, aussi c'était dur pour moi de passer outre l'avis de ma famille, car le blues n'était pas le bienvenu chez nous. Vous ne deviez même pas y penser. Aussi j'ai commencé à jouer avec un ami et quand BB a sorti “Three O’Clock In The Morning”, ce fut vraiment différent de tout le reste. sa manière d'aborder le blues, lui et Lucille.''


 

 

Même si la vidéo a un peu de grain, il faut à tout prix voir BB Et Bobby faire le show et s'amuser sur scène, un grand moment.


 

Quelques mois plus tard, il est engagé dans la revue de Johnny Ace(qui mourra en 1954 d'une balle dans la tête suite à une roulette russe en coulisses d'un concert à Houston); en 1952 il enregistre ses premiers titres pour Modern, ensuite pour Chess puis pour Duke; son premier hit c'est It's my life baby en 1955


 

 

Au cours des années 50 et au début des 60, Bobby fut un des principaux créateurs du son moderne du soul blues. Avec d'autres artistes tels que Sam Cooke, Ray Charles et Junior Parker, il développa un son qui mixait le gospel au blues et au rythm and blues. Son style était caractérisé par un son riche de big band et des parties de guitare à la BB King.

 

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La plupart de ses faces de blues Texan énergique au cours des années 50 présentaient la guitare cinglante de Clarence Hollimon, par exemple  "I Smell Trouble," "I Don't Believe," "Don't Want No Woman," "You Got Me (Where You Want Me)," et le torride "Loan a Helping Hand" et "Teach Me (How to Love You)." mais le riff de guitare qui provoquera le premier véritable hit national sera celui de l'énergique "Farther Up the Road," (qui serait numéro dans les charts de R'n'B) en 1957 interprété par Pat Hare, Pat-hare.jpgun autre rude gratteux qui mourrait en prison après avoir tué sa petite amie et un policier. 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Par la suite c'est Wayne Bennett qui prendrait la guitare, son jeu élégant fera merveille pendant l'essentiel des années 60 sur les enregistrements chez Duke.

 

Les fondations Gospel inhérentes à l'interprétation puissante de Bland ne furent jamais aussi évidentes que dans ''Little boy blue'' sorti en 1958, un tour de force vocal qui essore dans la dernière partie la moindre goutte d'émotion de cette ballade grinçante. 

 

 

 

 

Il précisera avoir appris à hurler (to squall) en écoutant  le Reverend C.L. Franklin, le père d'Aretha.

Le trompettiste arrangeur Joe Scott le dirigea vers un style plus soft au changement de décennie: le mix de blues, RnB, et soul de  "I Pity the Fool," et  "Two Steps From the Blues" allaient influencer fortement une légion de chanteurs Soul du sud à venir.

 

 

Bland allait avoir plus de 30 titres dans le top 20 du RnB au cours de sa carrière. Avec un sens aigu du marketing il s'adressa très tôt aux femmes qui achetaient elles aussi des disques de blues(mais pas en France, en tout cas pas encore...).

D'autant plus qu'alors que la plupart des chanteurs mettaient leur compagne à la porte (dans les textes s'entend), Bland promouvait l'engagement. Il rendait la responsabilité furieusement sexy. Entre 1959 et 1963, il eut une série de hits avec des titres comme ''I'll take care of you'' (je vais prendre soin de toi), ''Don't cry no more'' (ne pleures plus) et ''That's the way love is''(ainsi va l'amour). Bland fit entrer le blues dans les chambres et pava la route pour les sonorités séductrices de la soul. son influence se fera sentir dans les enregistrements d'artistes comme Otis Redding et Sam Moore.

 

 Regardez-çà: bobby live au Chicago festival en 1981, avec Mel Brown(guitare noire) et Wayne Bennett(guitare blanche). Sûr, l'image a un peu souffert mais çà groove du feu de dieu

 

 


 

 

 

"Without a warning, you broke my heart/You took it darlin' and you tore it apart
You left me sitting in the dark crying/You said your love for me was dying." 

Sans prévenir, tu m'as brisé le coeur/ Tu l'as saisi ,mon amour, et tu l'as déchiré

Tu m'as laissé pleurer assis dans le noir/ Tu m'as dit que ton amour pour moi était mort

Turn on Your Love Light, ce titre est un grand moment dans sa carrière.

 

 


Cette vidéo n'est qu'une image fixe, c'est juste pour écouter le titre, la version de Deezer bugue.

L'intro dans le style Gospel enfiévré (le riff des cuivres sera entièrement pillé par le every body need somebody des Blues Brothers) fait attendre à l'auditeur des paroles joyeuses, jusqu'à ce la voix de baryton de bland émerge et tranche dans le vif. Quand il arrive au refrain, implorant sa partenaire inconstante -''Turn on your light! Let it shine on me" (Allume ta lumière! Laisses-là m'éclairer)-  la chanson a repris le chemin de l'églisealors que deux batteurs swinguent avec le chanteur. C'est une chanson vraiment triste au coeur d'un arrangement joyeux, et la tension créée par ce contraste est encore aujourd'hui magnifique.

 

 

 

Tout au long des années 60, Bland va tourner sans relâche sans être remarqué par les blancs. ''J'ai fait le chitlin circuit'' dit-il,"black only (seulement les noirs); c'est mon peuple que je dois remercier pour m'avoir porté si longtemps. Ils sont les seuls à m'avoir écouté".

Il parviendra à surmonter de graves problèmes de boisson et après avoir succombé à la mode du disco dans les années 70-ce qui ne l'empêchera pas d'enregistrer deux albums avec BB King (Together for the first time et Together again)-, il reviendra au blues, aux balades et à la soul chez Malaco.

 

En1992, il a été intronisé au  Rock and Roll Hall of Fame; en 1998 il a reçu un Lifetime Achievement Award de la  Blues Foundation(oscar du blues pour l'ensemble de son oeuvre). Avant la cérémonie, qui avait lieu à la House of Blues de dan Ackroyd à Los Angelès, Bland et les siens ont du attendre dehors pendant que les pontes du management leur passaient devant.

 

 

La suite du live de tout à l'heure

 

 

 


Bon alors la dernière des trois parties disponibles

 

 

 

Monsieur Bland fera 81 ans en janvier, bon anniversaire à lui...

 

Sources pour cet article:

Editions Atlas Les génies du blues

La grande Encyclopédie du blues, gérard herzhaft

Midlife Rocker's weblog

Bobby Blue Bland.com

http://www.artistdirect.com/artist/bio/bobby-blue-bland

http://www.salon.com/people/bc/2000/03/14/bland

http://www.livinblues.com/bluesrooms/bobbybland.asp

 

Et bien sûr You Tube...

 

Et Joyeux Noël à tous et à toutes....

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commentaires

Djam Deblues 20/12/2010 14:55


Quasiment une découverte, je l'avoue, et quelle ! Merci...
Et bon bout d'an à toute la famille Pilogue.


christiane 20/12/2010 12:45


Bonjour
Très heureuse d'être venue à votre conférence, à Vitrolles et de recevoir vos articles. Merci beaucoup
A bientôt......j'suis fan d'harmonica !!
Ch


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